DÉMARCHE ARTISTIQUE

JEFF ALARIE

Depuis l’enfance, Jeff Alarie a une grande sensibilité face à la nature qui l’entoure. Tant la luminosité que l’obscurité de celle-ci forment une richesse lui offrant la liberté de création. Les interrelations entre les minéraux, le règne végétal et le règne animal le fascinent. Le lent mouvement des plantes; leurs poussées, leurs croissances, leur puissance en attente d’émancipation l’inspirent, ce qui semble être l’achèvement d’une longue quête. L’observation du phénomène de renaissance, du cycle sans cesse répété de l’alternance des saisons, assouvie son désir d’immortaliser et sa volonté de suspendre l’instant. 


Influencé par sa pratique de la peinture, la ligne d’horizon est primordiale dans son travail : celle-ci ancre les pieds au sol, attire le regard et situe l’individu dans l’espace. Actuellement, ses sculptures et installations sont constituées d’animaux surréalistes, de roches brutes et de plantes épiphytes naturelles. Les fleurs rappellent l’univers de l’érotisme, où l’androgynie règne par l’ambiguïté des formes, référant à la fois aux anatomies féminines et masculines. 


Alarie souhaite souligner le contraste entre la froide inertie des métaux et la chaleureuse mobilité du vivant. L’utilisation de matières abandonnées et désuètes, une fois conjuguées à un amalgame de métaux précieux, permet d’en faire ressortir l’esthétisme et la beauté. Il façonne et forge couramment à partir de matières récupérées; l’énergie demandée pour l’extraction des minéraux étant immense, il souhaite revaloriser cette matière afin d’éviter qu’elle ne retourne trop rapidement à la terre. Ce mélange entre froideur et chaleur dans ses mises en scène encourage un dialogue avec la personne observatrice, permettant des réactions dichotomiques allant du sentiment de lourdeur à celui de légèreté, de la déréliction jusqu’aux tentations aphrodisiaques. 


Les sculptures d’Alarie sont un hommage à la nature et à sa vitalité. Dans son travail, on retrouve ce qui pousse, ce qui croît et ce qui se multiplie; bref, un sentiment d’éclosion, de sensualité et de luxure s’en dégage. L’inconscient primitif que stimulent ainsi ses pièces fait perdurer l’héritage du surréalisme, de son ouverture à des réalités sous-entendues, chez le spectateur. Ce dernier peut ainsi s’immerger dans un symbolisme onirique d’évasion et de contemplation, de proximité avec cette nature (de l’individu).

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